Visiteurs professionnels circulant dans les allées du salon SETT entre stands d'exposition.
Publié le 6 octobre 2026

Chaque automne, le salon SETT concentre en trois jours l’essentiel des solutions destinées aux professionnels du tourisme français. Pour un gestionnaire de camping ou d’hébergement de plein air qui prépare ses prochains investissements, l’enjeu n’est pas tant d’y aller que d’y aller utilement : repérer les innovations qui comptent, comparer sans se disperser, et repartir avec des arbitrages tenables côté budget comme côté offre.

Réponse directe : Le SETT propose, secteur par secteur, les équipements, hébergements locatifs et outils de gestion présentés par les fournisseurs du marché. En structurant sa visite autour de ses propres priorités (type de parc, budget, attentes clientèle), un exploitant peut identifier des solutions concrètes à évaluer avant la saison suivante.

Ce que le SETT change pour un exploitant d’hôtellerie de plein air

  • Un seul lieu pour comparer mobil homes, chalets, insolites et glamping.
  • Un panorama des tendances : écoresponsabilité, numérisation, nouvelles attentes clients.
  • Une occasion de rencontrer fournisseurs et pairs pour sécuriser ses investissements.
  • Un rendez-vous à préparer en amont pour transformer la visite en décisions.

Le salon SETT : un rendez-vous des spécialistes du tourisme

Le SETT (Salon Européen des Tendances Touristiques) se tient au Parc des expositions de Montpellier. Pour sa 47e édition, le salon est annoncé du 3 au 5 novembre 2026. C’est le principal rendez-vous B2B français dédié à l’hôtellerie de plein air et, plus largement, aux acteurs du tourisme de loisirs.

D’après les chiffres officiels du salon SETT, l’édition 2025 a réuni 20 215 visiteurs professionnels (dont 13 % d’internationaux) et plus de 700 exposants sur 60 000 m². Ces ordres de grandeur traduisent la diversité des métiers représentés : hébergement locatif, aménagement d’emplacements, piscines et aquatique, restauration, animation, services numériques, mobilier, textile ou encore solutions énergétiques.

Pour un gestionnaire de camping, cette densité est à la fois un atout et un piège. L’atout : voir en une visite ce qu’aucun déplacement individuel chez des fournisseurs ne permettrait. Le piège : se laisser aspirer par la nouveauté sans ancrage dans sa propre stratégie. D’où l’intérêt de cadrer, dès le départ, les secteurs réellement pertinents pour son établissement.

L’hébergement locatif au cœur du salon : mobil homes, chalets et insolites

L’hébergement locatif occupe une large part des allées du SETT. Mobil homes, chalets bois, lodges toilés, cabanes perchées, tiny houses : les gammes se sont étoffées pour couvrir tous les positionnements, du camping familial 3 étoiles au domaine 5 étoiles orienté expérience. Les visiteurs peuvent entrer dans les modèles exposés, comparer finitions, agencements et équipements, et interroger directement les constructeurs sur les délais, les services associés et les conditions de reprise. C’est aussi l’occasion de découvrir le salon du mobil home et son positionnement central dans les halls dédiés à l’hébergement locatif.

Deux visiteurs découvrant l'intérieur d'un chalet en bois exposé au salon.
Mobil homes, chalets et hébergements insolites occupent une place centrale dans les allées du SETT.

Mobil home ou solution insolite : deux logiques d’investissement

Les deux familles de produits ne répondent pas aux mêmes attentes. Le mobil home classique vise un rapport volume/prix maîtrisé et une rotation locative élevée. Les hébergements insolites et le glamping jouent la carte de l’expérience, du tarif à la nuitée plus élevé et d’une saisonnalité parfois mieux étalée.

Avant toute projection, il faut distinguer le prix d’achat du coût d’exploitation. Selon la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air, citée par un média économique sur les coûts réels d’un mobil-home en camping, le loyer d’installation varie de 1 500 à 7 000 euros par an selon le standing du camping, tandis que la valeur du bien se déprécie de 10 à 20 % par an. Ces ordres de grandeur concernent le marché du particulier investisseur, mais ils donnent un repère utile pour discuter avec les constructeurs sur stand.

Comparer deux logiques de locatif : mobil home classique vs hébergement insolite
Critère Mobil home classique Hébergement insolite / glamping
Positionnement Vacances familiales, volume Expérience, parenthèse nature
Capacité type 4 à 8 personnes 2 à 4 personnes, le plus souvent
Investissement initial À chiffrer avec le constructeur selon gamme Généralement supérieur à surface égale, à chiffrer au cas par cas
Saisonnalité visée Haute saison estivale Étalement possible hors saison
Entretien Standardisé, pièces disponibles Souvent plus spécifique

Le tableau n’épuise pas la décision : la cohérence avec la clientèle existante, l’image du site et les contraintes d’urbanisme pèsent autant que les chiffres bruts. Le SETT permet justement de confronter ces hypothèses à l’avis de plusieurs constructeurs en une même journée.

Comment comparer efficacement les offres en salon ?

Pour qu’une visite de hall soit utile, mieux vaut cadrer les questions posées à chaque exposant : délais de livraison, prestations incluses, service après-vente, disponibilité des pièces, conditions de garantie, options de personnalisation. Noter ces réponses sur une grille identique pour tous les stands facilite la comparaison une fois rentré.

Quelles tendances et innovations pour l’hôtellerie de plein air ?

Au-delà des produits, le SETT reflète les évolutions de fond du marché. Trois lignes de force se dégagent nettement ces dernières saisons : la montée du glamping et des hébergements expérientiels, les exigences croissantes d’écoresponsabilité, et l’outillage numérique des exploitants.

Côté marché, l’Insee relève que la fréquentation des campings a progressé en 2024, portée par la clientèle non résidente (4,6 % de nuitées), dans un contexte estival par ailleurs en léger retrait. Cette dynamique confirme la place centrale de l’hôtellerie de plein air dans l’offre touristique française, sans qu’aucune statistique publique n’isole précisément le segment glamping ou insolite : les tendances perçues en salon méritent donc d’être croisées avec ses propres indicateurs locaux.

Exposant présentant le fonctionnement d'un équipement innovant à un professionnel du camping.
Chaque secteur du salon présente des solutions concrètes évaluables selon le budget des gestionnaires.

Glamping, écoresponsabilité, numérique : trois axes à surveiller

Le glamping et l’insolite répondent à une attente d’expérience différenciante : cabanes, lodges, hébergements perchés ou flottants élargissent la grille tarifaire du camping vers le haut. L’écoresponsabilité s’invite partout : matériaux biosourcés, gestion de l’eau, pilotage énergétique des hébergements, mobilier durable. Les outils numériques couvrent la réservation, la gestion des arrivées, la maintenance préventive, la relation client ou l’optimisation de la consommation énergétique.

Lire les tendances sans les subir : une tendance générale n’est pertinente que si elle recoupe la clientèle réellement présente sur son site. L’analyse des évolutions du secteur de l’hôtellerie aide à relativiser l’effet de mode et à distinguer transformations structurelles et simples effets d’offre.

Évaluer une innovation sans céder à l’effet nouveauté

Face à une solution présentée comme innovante, trois questions simples permettent de garder la tête froide : à quel problème concret répond-elle sur mon site, quel est le coût complet sur trois à cinq ans (achat, installation, maintenance, formation), et quel gain attendre côté chiffre d’affaires, économies ou satisfaction client. Si l’une de ces réponses manque, mieux vaut temporiser.

Comment préparer efficacement sa visite au SETT ?

Une visite productive se joue largement en amont. L’objectif n’est pas de voir le maximum de stands, mais de relier chaque halte à une décision à prendre pour la saison à venir. Préparer une grille de priorités, hall par hall, évite la dispersion.

Un professionnel prenant des notes lors d'un échange sur un stand du salon.
Préparer sa visite en amont permet de relier chaque stand à un besoin précis de son établissement.
Préparer sa visite du SETT en cinq étapes
  1. Clarifier ses priorités d’investissementLister ce qui doit être tranché avant la prochaine saison : renouvellement de locatifs, ajout d’une gamme insolite, nouvel outil de gestion, aménagement d’emplacements.
  2. Fixer une enveloppe budgétaireMême indicative, elle permet d’écarter rapidement les offres hors cible et d’engager des échanges concrets avec les exposants.
  3. Repérer les halls et exposants pertinentsÀ partir du plan du salon et de la liste des exposants, cibler quelques stands prioritaires par thématique plutôt que de tout parcourir.
  4. Planifier les conférences utilesSélectionner les sessions directement liées à ses sujets (gestion énergétique, réglementation, marketing), et en garder un compte-rendu bref.
  5. Préparer une grille d’évaluation communeMêmes questions à chaque fournisseur : prix, délais, service après-vente, références, conditions contractuelles. La comparaison, de retour au bureau, en sera nettement plus fiable.

Cas pratique

Un gestionnaire d’un camping 4 étoiles de 150 emplacements souhaite diversifier son parc avec cinq hébergements expérientiels, sans fragiliser sa trésorerie. Avant le salon, il fixe une enveloppe maximale, identifie trois constructeurs d’insolites et deux fournisseurs de solutions énergétiques pour alimenter ces hébergements à l’écart du réseau principal. Sur place, il consacre une demi-journée aux locatifs, une demi-journée au numérique et à l’énergie, et réserve le troisième jour aux conférences et à la relance des stands les plus pertinents. Cas illustratif, à adapter à chaque situation.

Ce que le SETT apporte aux professionnels du tourisme

Pour un spécialiste du tourisme, l’intérêt du SETT ne tient pas à un chiffre d’affaires immédiat, mais à la qualité des décisions qu’il permet de préparer. Vu l’ampleur des investissements en jeu, pouvoir confronter plusieurs fournisseurs en quelques heures, voir et toucher les produits, et discuter avec des pairs confrontés aux mêmes questions constitue un gain de temps et un filet de sécurité appréciables.

Trois bénéfices se dégagent assez clairement :

Ce que le salon permet
  • Comparer rapidement plusieurs fournisseurs sur un même besoin.
  • Mettre à jour sa vision des tendances marché.
  • Échanger avec d’autres exploitants et des experts sectoriels.
  • Préparer des décisions d’investissement en meilleure connaissance de cause.
Les limites à garder en tête
  • La densité d’offre peut favoriser la dispersion.
  • Les discours commerciaux restent à vérifier (ROI, délais, références).
  • Une innovation vue en salon n’est pertinente que si elle colle à son positionnement.
  • Les chiffres cités en stand doivent être croisés avec ses propres indicateurs.
Questions fréquentes avant une visite au SETT
Quand et où se tient le SETT 2026 ?

La 47e édition est annoncée du 3 au 5 novembre 2026 au Parc des expositions de Montpellier, selon le site officiel du salon.

À qui s’adresse le salon SETT ?

Il s’agit d’un salon B2B dédié aux professionnels du tourisme, avec une place centrale accordée à l’hôtellerie de plein air : gestionnaires de campings, villages vacances, parcs résidentiels de loisirs, mais aussi fournisseurs et prestataires du secteur.

Faut-il privilégier le mobil home ou l’insolite pour diversifier son parc ?

Il n’existe pas de réponse unique : le mobil home vise le volume et une rotation estivale forte, l’insolite joue l’expérience et un tarif par nuitée plus élevé. L’arbitrage dépend de la clientèle actuelle, de l’image du site, de l’enveloppe disponible et de la capacité à étaler la saison.

Comment vérifier le retour sur investissement annoncé par un exposant ?

En demandant systématiquement des références clients comparables (taille, catégorie, zone géographique), en reconstituant le coût complet sur plusieurs saisons et en confrontant les hypothèses de remplissage aux chiffres observés sur son propre établissement.

Pour transformer la visite en véritable levier de décision, le mieux reste de préparer en amont une grille reliant chaque hall à un besoin précis de son établissement, puis d’arbitrer, à froid, dans les semaines qui suivent le salon.

Rédigé par Mathilde Rousselin, auteure de contenus pédagogiques consacrés aux tendances et innovations du secteur touristique.